Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]


Une solution thérapeutique complémentaire: la TAC


01/10/2009 par Sandra

La portée thérapeutique des interventions de thérapie assistée par le chien (TAC) est de mieux en mieux documentée et rapportée dans de nombreux articles scientifiques.
Mais….
Les expériences savamment encadrées dans les centres hospitaliers du Québec se multiplient. Les chiens médiateurs, impliqués dans toutes ces séances rencontrent des normes préétablies de santé, de comportement et d’éducation. Il va sans dire que la thérapie assistée par le chien en milieu institutionnel est encadrée par l’observation de règles élémentaires mais strictes de prudence, d’éthique et de sécurité. Or, la TAC rencontre des difficultés similaires à toutes nouvelles pratiques médicales et alternatives qui cherchent à se faire connaître et reconnaître au Québec. On a recours aux chiens dans les espaces de santé, mais « When positive effects are reported, weaknesses in the methodologies used to obtain them raise doubts concerning their validity. Additionally, some of the more promising clinical observations that recur consistently throughout the AAI literature— e.g., the ability of animals to expedite the rapport-building process, enhance engagement, and facilitate retention in treatment—have not been investigated empirically »[1].
Les ‘evidence based medecine’ – si chères au monde biomédical – ne sont jamais suffisamment évidentes pour une raison élémentaire : la société anthropocanine ne fait pas partie des cas de figure envisageable. Car, « L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et qui m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais : c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé, ce qui mérite ce nom de profondeur qui veut dire avec précision ce qui m’échappe. Mais c’est aussi la poésie (…). Je ne sais de quoi de doux, de secret et de douloureux prolonge dans ces ténèbres animales l’intimité de la lueur qui veille en nous »[2]. Ainsi, le lien immémorial avec le chien n’est pas considéré comme thérapeutique par le corps médical, d’autant plus que « la condition de l’existence d’un lien social n’est pas l’identité des acteurs, mais l’ajustement mutuel de leurs conduites et de leurs attentes»[3].
Il existe, pourtant, une culture et une société propres aux chiens et aux humains en situation de soins. Le corps médical est-il préparé à accueillir cette relation triangulaire chien-patient-soignant travaillant en parfaite multidisciplinarité avec les équipes professionnelles médicales : psychiatre, infirmières, préposées aux bénéficiaires…?


[1] Kruger. K, Trachtenberg. S et Serpell. J. Can animal help human heal ? Animal assisted interventions in adolescent mental health. Center for the interaction of animals and society. University of Pensylvania School of Veterinary Medecine, july 2004

[2] Bataille, Georges, Théorie de la religion, Idées/Gallimard, 1948, p. 52-53

[3] Guillo, Dominique, Des chiens et des humains. Le Pommier, p. 289

Etiquettes: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel