Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]


La quadrature des données probantes


16/09/2009 par Sandra

La pratique clinique en santé est fondée sur les données probantes («Evidence-Based Practice») qui consistent à exercer son travail de professionnel de la santé en intégrant les meilleures preuves scientifiques à l’expertise clinique et aux valeurs du patient.
Or, il y a « peu de recherches s’attardant à l’analyse des effets de l’interaction patient/animal »[1] bien qu’il y ait plusieurs types de présences animales en institutions et aussi plusieurs types d’institutions d’accueil.
Il y a le patient résidant dans un établissement pour personnes retraitées qui a reçu l’autorisation de garder son animal personnel. Il y a le chien résidant ou ‘mascotte’ dans un foyer de personnes retraitées autonomes ou en perte d’autonomie, voire en CHSLD, là tout le monde (personnel y compris) donc personne n’en est le maître et le chien n’a plus de repères. Et puis, il y a le chien visiteur qui n’habite pas sur place mais qui ‘visite’ les clients/patients selon une charte très stricte. « Du fait des horaires appliqués, du caractère strict et formel de sa prestation, c’est la formule rêvée pour les personnes à mobilité réduite, qui ont besoin d’un réconfort ou d’une distraction mais ne peuvent s’occuper d’un animal »[2]. La présence d’un chien dans un service de gérontologie ou de pédiatrie « s’inscrit dans un projet de soins et de vie pour les personnes âgées ou les enfants, mais il s’accompagne obligatoirement d’un code de bonne conduite pour éviter tout problème d’hygiène et de sécurité que sa présence serait susceptible d’introduire »[3], explique Mme Catherine Barthalot.
La thérapie assistée par le chien (TAC) est une méthode qui favorise les liens naturels et bienfaisants entre les humains et les animaux, à des fins préventives, thérapeutiques ou récréatives. En ce sens, la TAC s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire d’intervention. Comme approche globale de la santé, la thérapie assistée par le chien permet d’interagir et d’offrir aide et soutien à des personnes âgées, des enfants, adolescents, détenus, personnes présentant des handicaps intellectuels et physiques, etc. Elle s’est montrée très efficace pour différents problèmes concernant : les rapports avec autrui, l’éducation, les troubles de la personnalité, l’attention et la concentration, la dépréciation de soi, la dépression, la délinquance, la violence, la solitude et l’isolement[4]. Plusieurs bénéfices découlent du contact affectif entre le chien et l’aîné en perte d’autonomie ou l’enfant hospitalisé, comme celui de stimuler les repères dans le temps, dans l’espace (par le biais des jeux et des ballades en laisse…), de travailler la dimension motrice, de favoriser les effets sur l’attention, la mémoire, la prononciation….
Pourtant, « il y a peu de documentation sur le sujet et lorsqu’il y en a, il s’agit souvent d’initiatives sectorielles qui ne sont pas véritablement regroupées dans une perspective globale »[5], c’est pourquoi la TAC reste cantonnée à une pratique complémentaire qui doit se battre pour faire la démonstration de son efficacité et de sa validité.

 

 


[1] Bernatchez A. « Les bienfaits de la thérapie assistée par l’animal auprès d’une population de personnes atteintes de la démence de type Alzheimer », Animots, Montréal

[2] Vuillemont J.L, « L’animal en institution », Soins gérontologie, 2000 ; 23 : 3-15

[3] Barthalot C. « Mise au point : Animation thérapeutique et thérapie facilitée par l’animal » Soins gérontologie, 2001, no30, pp. 41-44

[4] Bernatchez A. « Les bienfaits de la thérapie assistée par l’animal auprès d’une population de personnes atteintes de la démence de type Alzheimer », Animots, Montréal

[5] Zoothérapie Québec. http :www.zootherapiequebec.ca

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