Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]


Nous ne sommes pas seuls


09/09/2009 par Sandra

L’Homme existe sous le regard de l’Autre… poilu. L’animal de compagnie, le chien, est une présence. Il incarne une altérité porteuse de sens. Depuis des millénaires, il évolue aux côtés de l’humain dans un environnement d’artefacts humains. Il en a appris ses sens, ses significations. Il en a tiré des attitudes, des comportements. Il en est génétiquement modifié. Il en a acquis une histoire. Il en a développé une culture.
En ce sens, le chien et l’homme forment une société distincte. La société anthropocanine (1) c’est d’abord ça : reconnaître que le chien occupe une place particulière, privilégiée qu’il s’agit de définir. Incidemment, l’humain ne vit jamais seul dans le monde « Ses sociétés comprennent toujours une très grande quantité d’animaux et de végétaux qui entretiennent des rapports multiples avec l’homme » (2). Et cette société anthropocanine nous enjoint de repenser l’espace commun de vie, donc de « re-conceptualiser la Nature de la Cité » (3).
La place de l’humain dans l’univers vivant est entrain d’être revisitée par certains chercheurs et les conclusions scientifiques auxquelles ils parviennent nous obligent à penser le chien, comme un individu non humain et l’humain comme un individu parmi  une humanité plurielle. Jusqu’où est-on humain, la question n’est pas tranchée. Loin de là!
Ça pose un sérieux problème de réflexion et reste un merveilleux espace de co-développement pour l’humain. Nous ne sommes peut-être pas seuls mais nous nous comportons souvent comme de fieffés égoïstes qui devons panser notre quatrième blessure narcissique (4).

Sandraetlechien apportera sa pierre à cet édifice et tordra le cou à cette obsession : l’humain n’est pas le point d’arrivée de l’évolution, il n’en est qu’une étape.


(1) Guillo, Dominique. Des chiens et des humains, Le Pommier, 2009

(2) Lestel, Dominique. L’animal singulier, Seuil, 2004, p. 30

(3) Lestel, D. Op.cit, p. 31

(4) Lestel, D. Op.cit, p. 61

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2 réponses au “Nous ne sommes pas seuls”

  1. Louise Larivière dit que :

    Sandra touche un sujet quasi tabou: le chien est l’ami de l’homme point final. Ainsi soit-il dans notre société nord américaine et dans la plupart des pays européens bien nantis. Un chien, une potiche. Un objet qui a un coeur mécanique que pour nous faire plaisir. Sur commmande merci. Je suis intrinsèquement convaincue du contraire. Bravo Sandra pour le blog. J’espère qu’il sera exploré par plusieurs et commenté aussi. Ma petite histoire de chien ? Chien de « compagnie », Max est vieille; elle devrait d’ailleurs faire partie des disparues, dead and gone. Mais elle est encore là. Comme si elle attendait que ma mère s’en aille aussi (elle a 92 ans et toute sa tête et une bonne partie de son corps). Par fidélité. Depuis que Max vit avec elle (anciennement avec moi, sa fille bohème), elle la suit partout. Et ma mère connait ses moindres aboiements,reniflements…Depuis quelques années, elles ont les mêmes heures de repas, de dodos, de curiosité…Elles son synchros. Et quand je suis avec elles et que ça va pas, je regarde Max, je suis convaincue qu’elle le sait, car dans ses yeux, je sens une réelle compassion. J’y lis aussi tout l’amour de chien si on veut bien, qu’elle seule est capable de nous porter. Inconditionnellement. Et ça, ça n’a pas de prix et ça fait du bien.

  2. reip99 dit que :

    WOW! c’est du matériel qui devrait être publié dans les journaux et revues. C’est Excellent! en plus ça me forcera à améliorer mon vocabulaire

    Humains, réveillez-vous !

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