Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]


Mon chien s’appelle quelqu’un


19/10/2009 par Sandra

L’homme ne peut avoir de relation avec ce qui l’entoure sans donner un nom. Un nom ça veut dire qu’on se reconnaît comme individu et qu’on reconnait tel objet comme une forme, une figure spéciales… Une relation d’intimité avec une chose, un chien ou un humain sollicite une appropriation par un nom. Ainsi, le nom donné au chien lui  reconnaît une individualité….  «Le chien domestique devient en quelque sorte une personne quand il acquiert une identité par le nom, dès que l’on entre dans la sphère de l’intimité et du lien personnel, il n’est plus possible d’appeler un chien un chien »[1].
Quand le chien lève le museau à l’écoute de son nom, l’important n’est pas ce que signifient réellement les signaux adressés, mais ce que l’homme en pense : mon chien sait son nom. Mon chien c’est quelqu’un. Or, dans ce langage, les interactions avec le chien ne se basent pas uniquement sur des noms dits, criés, hurlés, susurrés mais surtout sur tous ces codes affectifs que le maître partage avec son chien. En appelant le chien, le maître partage des émotions - froides, chaudes ou mitigées - mais des émotions quand même.« Celles-ci constituent des affects profonds et sociaux, puisque l’homme est affectivement au monde »[2], en ce sens le chien tombe à point nommé : il aide un homme blessé par le non-sens de l’existence à cicatriser ses blessures, ainsi qu’à passer d’une dérive intérieure à un renouveau psychologique et ontologique.
Comme quoi un nom peut polariser une personne et l’orienter[3].
En clair, cette rencontre anthropocanine présente un beau risque…. Celui de bouleverser une vie.


[1] Chevrier Jean-François, Maurice Christine. ‘L’animalité comme envers de l’humain’, in L’Animal dans nos sociétés, La Documentation française, 2004 p. 17
[2] Le Breton, David. Les passions ordinaires, Anthropologie des émotions. A. Colin et Masson, Paris, p 91
[3] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000

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