Habiter avec un Autre
Le chien invite à revoir la maison et la manière dont on en parle. Le chien est resté dans la maison de l’homme. Le chien est resté avec l’homme. Et il y est toujours.
Lieu d’habitation de l’homme, sa demeure est partagée avec une autre espèce, quotidiennement. En ce sens, c’est à une écologie interspécifique que le chien nous interpelle. En effet, l’écologie est « un être-là dans la demeure du monde », dit Marc-Alain Ouaknin, dans ‘Zeugma’ (Seuil, p 446). Le lien qui unit l’homme à son lieu d’être, sa maison, c’est aussi son chien, une espèce différente. Françoise Armengaud propose même d’appeler ‘Complexe de Noé’ cette hantise de faire de sa maison ou de la cité une arche, microcosme affectueux, garantie de salut.
Les murs de cette maison de l’homme retentissent des mots pour le chien, l’homme construit une demeure avec la parole, pour la parole et « seule cette parole peut sauver le monde de son effondrement », soutient Marc-Alain Ouaknin.
Pour paraphraser Hölderlin : c’est en compagnon que l’homme habite dans sa maison.
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