Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Archive pour le mois 12/2009

Une TAC pour me soigner

06/12/2009

Reconnaître officiellement la T(hérapie)A(assistée) par leC(hien) en tant qu’une intervention efficace thérapeutique est une étape non seulement obligatoire mais nécessaire.
Les bénéfices cliniques de la TAC sont connus et documentés… mais semblent tomber dans une sorte de no dog’s land dans lesquels les études se multiplient. Certaines publiées dans des revues sérieuses acceptées par la communauté scientifique ; les articles remplissent les colonnes : Le New York Times y va de son témoignage, en octobre dernier ! Mais nenni reconnaissance ministérielle et biomédical, est-ce à dire qu’il faille des preuves scientifiques hors de tout doute de l’efficacité thérapeutique de la TAC ? Pour quoi ? Hors de tout doute…. raisonnable? À quoi bon quand on sait que les pratiques médicales occidentales ne sont pas aussi rationnelles qu’elles ne le revendiquent.
Faire appel à la TAC comme complément thérapeutique et comme instrument de bienfaisance et transformation d’état (pathologique vers thérapeutique) de court terme c’est un acte éthique et de responsabilité. Activite zootherapeutique
Il est temps de promouvoir le développement de programmes pour former les milieux de la santé, assurer que la connaissance éthologique de base soit inclue dans l’enseignement des métiers sanitaires et sociaux et professionnaliser l’ensemble des intervenants.
Pour que prescrire une TAC devienne un réflexe… naturel.

On court après le Père Noël, mais faut pas l’attraper:)

05/12/2009

C’est la 5e Course du Père Noël qui se déroule aux quatre coins du Québec, aujourd’hui. À Montréal, les cani-coureurs et cani-marcheurs sont réunis sur le Mont-Royal pour courir pour la plus belle des causes  = combattre la pauvreté.Une même foulée-femme-chien-Dryland 2009
En simultané dans plusieurs villes de la province, une course de cani-cross est organisée au profit de l’Armée du Salut. L’objectif est d’amasser des sous pour soutenir les familles dans le besoin.Finale-course-2.5kms-Dryland 2009
Sport des pays nordiques, le cani-cross est une discipline qui a fait ses débuts il y a une bonne dizaine d’années en Europe. Au Québec, il y a eu des courses amicales, mais pas une qui soit officielle, reconnue, bref comme vraie et encore moins par des groupes fédérés. La tenue cet automne du championnat du monde dryland à Saguenay a lancé cette discipline. Plusieurs groupes ont jailli, dont Cani-cross rive sud qui se réunit tous les mardis soirs et la samedi matin avec assiduité et entrain. Ils sont d’ailleurs venus en nombre aujourd’hui sur le Mont-Royal.Une même foulée-homme-chien-Dryland 2009
Cani-courir c’est d’abord développer une relation équilibrée homme-animal dans le sport et le plein air, une relation faite d’attentions, de défis et d’apprentissages mutuels. Le  cani-cross contemporain- vs ce qu’il a représenté dans les pays nordiques et ce qu’il peut encore signifié pour le monde des mushers - a un seul objectif : le respect du chien, son bien-être et le plaisir partagé. Le chien est un fidèle partenaire : c’est en pratiquant qu’on s’améliore, c’est en pratiquant qu’on développe une belle harmonie cani-humaine et humaine-humaine.Départ individuel-Dryland 2009

Départ-Cani-cross-Dryland 2009

Et en pratiquant comme aujourd’hui dans la joie et pour une cause humanitaire, c’est doublement mieux !

Une autre conception

03/12/2009

L’une des caractéristiques les plus saillantes du domaine des interventions assistées par l’animal au Canada est la façon dont il est conceptualisé au Québec. Des discussions informelles avec des personnes-clés dans la province indiquent que la thérapie assistée par l’animal n’est pas seulement une technique qu’utilisent les professionnels en relations d’aide (psychologues, conseillers, psychothérapeutes, travailleurs sociaux, etc.), en santé (psychiatres, infirmiers, physiothérapeutes, orthophonistes, etc.) et en éducation (enseignants, éducateurs, etc.), mais aussi, selon certains, une profession interdisciplinaire à part entière, à l’intersection des relations d’aide, des sciences animales, des théories de la relation humain-animal, et de l’éthologie.  2005 - zoothérapie enchanteressePuisqu’il n’existe pas de système d’accréditation pour réglementer de telles pratiques (tant au Québec que dans le Canada en entier), les gens s’appellent soit des Zoothérapeutes ou des Intervenants en Zoothérapie, peu importe leur formation et expériences professionnelles.  Par conséquent, un Zoothérapeute pourrait être un psychologue (ou tout autre professionnel en relation d’aide, en santé ou en éducation) dûment certifié, ou bien un individu sans formation pertinente au préalable qui a simplement complété un diplôme de deux ans en sortant du CEGEP ou en tant que changement de carrière.

Il est donc évident qu’il existe plusieurs opinions différentes sur cette situation déroutante, ce qui entraîne des répercussions importantes pour la pratique des interventions assistées par l’animal.  Afin de mieux comprendre la situation actuelle au Canada, Sarah Schlote a mené une recherche.

Sale race va!

01/12/2009

L’adaptation à l’être humain est inscrite dans la nature même du chien qui a été le sujet d’expériences génétiques menées par la cupidité humaine.
Les races de chiens ont été inventées.  Images des races de chien
Ce n’est pas parce que deux chiens ont des traits extérieurs différents (couleurs de la robe, longueur du nez…) qu’ils appartiennent à un type particulier.  Lorsqu’un humain choisit un chiot et qu’il lui est présenté comme étant un chien de race pure, c’est omettre le phénomène de brassage génétique et surtout, surtout, c’est renforcer la vision d’un chien, produit de consommation.
L’origine des races remonte à la seconde moitié XIXe siècle. À cette époque, la manière de concevoir le vivant et l’hérédité est issue des théories des races humaines, de l’eugénisme en particulier. Autant de thèses qui pousseront les nazis au pouvoir! Le tout s’appuyait – s’appuie encore – sur une conception de l’espèce ou de la race comme « type morphologique et comportemental obéissant à un principe de corrélation et transmis héréditairement à la descendance » (1). Ce qu’on appelle ‘le délit de sale gueule’. À l’époque donc – de nos jours encore – on répertorie les chiens selon des types mesurables extérieurement qu’on tente de préserver par une reproduction sélectionnée  (à l’interne). Ensuite on cherche une généalogie la plus ancienne possible pour fixer les traits ancestraux du chien et surtout sa valeur aux yeux de l’humain. Chien de race pure, çà veut dire de lignée royale, l’humain n’achète pas à prix d’or un roturier ! C’est oublier qu’avant le XIXe siècle, l’idée de race – race canine – n’existait pas.
Aussi est-il préférable d’avoir un minimum de recul historique pour apprécier les origines idéologiques de l’idée de race.

 

[1] Guillo, Dominique. Des chiens et des humains, Paris : Le Pommier, 2009, p. 95

Pour pas en savoir beaucoup plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_de_chiens

Pour aller plus loin, le livre d’André Pichot :
La Société pure de Darwin à Hitler


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