La cruelle cruauté…
06/11/2009Le Québec nage en pleine cruauté.
Ce nouvel âge (cf. William Hogarth (1697-1764) se déroule sur la place publique, sous l’œil intéressés des badauds. Et qui jouit des sévices infligés aux animaux et aux chiens? Le grand et le petit. Vous et moi, auteurs automates, diffuseurs involontaires, producteurs inconscients des violences prodiguées.
Le chien est victime d’une intolérable méchanceté de la part des humains. Il est tout d’abord exposé derrière une vitre dans un magasin qui recrée une ambiance ‘nature’, sans aucun contact avec les siens et avec des humains. Dans son bocal de verre, le chien attend la main salvatrice qui le tirera de là.
Salvatrice? En 2008, on compte 16 000 abandons. …. Le toutou est devenu encombrant, qu’à cela ne tienne, on s’en débarrasse.
On ne peut plus supporter son comportement anormal, anormal dans le sens ‘pas conforme à l’humain’. On le tue. Sous couvert de bonne conscience, on raconte une histoire que seul le meurtrier peut avaler. En 2008, on dénombre 4802 euthanasies de chiens… mais c’est sans compter celles opérées par les entreprises de contrôle animal et les cliniques vétérinaires.
Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation parle même de comportements irresponsables de la part des citoyens.
S’engager auprès de son chien implique « l’acceptation – volontaire et heureuse – d’un autre, intrinsèquement étranger aux cultures humaines » (1). Mais pour s’en prendre aux brutalités de notre temps de manière efficace, le chemin de la pleine conscience de soi s’avère le chemin le plus sûr pour une reconnaissance et une acceptation mutuelles.
C’est le chemin le moins fréquenté.
[1] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000, p. 8

D’une certaine manière c’est à une éthique de la responsabilité qu’incite cette position : « continuer non pas à maîtriser mais à se maîtriser. Non pas à augmenter la puissance, mais à la limiter. Non pas à emplir le monde mais à mettre des limites et à renoncer. L’homme doit se maîtriser et s’autolimiter », explique Marc-Alain Ouaknin