Canicross ou le nouveau Centaure
11/09/2009
Image du Centaure tirée de: www.mon-animal.net/fantastique/centaure.jpg

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Même impitoyable, le Cerbère peut être apprivoisé. Certains professeurs d'anthropologie pourraient se transformer en héros...
« L’anthropologie a beaucoup insisté sur la diversité des cultures, en soulignant combien étaient rares les phénomènes communs à toutes les sociétés. Il est étonnant – mais hautement révélateur du fossé qu’elle a creusé entre l’homme et l’animal – qu’elle n’ait à ce jour guère porté le regard sur le lien étrange qui lie homo sapiens sapiens aux chien»[1].
Cette relation essentielle dans la société humaine qui révèle des pans importants de la constitution de son principal acteur – l’homme – continue d’être ignorée du monde universitaire du moins à Montréal. La présence du chien comme phénomène universel et historique et ‘transculturel’ disent les Guillo, Lestel, Burgat, Digard and co… ne semble pas y suscitée d’intérêt anthropologique.
L’Homme existe sous le regard de l’Autre… poilu. L’animal de compagnie, le chien, est une présence. Il incarne une altérité porteuse de sens. Depuis des millénaires, il évolue aux côtés de l’humain dans un environnement d’artefacts humains. Il en a appris ses sens, ses significations. Il en a tiré des attitudes, des comportements. Il en est génétiquement modifié. Il en a acquis une histoire. Il en a développé une culture.
En ce sens, le chien et l’homme forment une société distincte. La société anthropocanine (1) c’est d’abord ça : reconnaître que le chien occupe une place particulière, privilégiée qu’il s’agit de définir. Incidemment, l’humain ne vit jamais seul dans le monde « Ses sociétés comprennent toujours une très grande quantité d’animaux et de végétaux qui entretiennent des rapports multiples avec l’homme » (2). Et cette société anthropocanine nous enjoint de repenser l’espace commun de vie, donc de « re-conceptualiser la Nature de la Cité » (3).
La place de l’humain dans l’univers vivant est entrain d’être revisitée par certains chercheurs et les conclusions scientifiques auxquelles ils parviennent nous obligent à penser le chien, comme un individu non humain et l’humain comme un individu parmi une humanité plurielle. Jusqu’où est-on humain, la question n’est pas tranchée. Loin de là!
Ça pose un sérieux problème de réflexion et reste un merveilleux espace de co-développement pour l’humain. Nous ne sommes peut-être pas seuls mais nous nous comportons souvent comme de fieffés égoïstes qui devons panser notre quatrième blessure narcissique (4).
Sandraetlechien apportera sa pierre à cet édifice et tordra le cou à cette obsession : l’humain n’est pas le point d’arrivée de l’évolution, il n’en est qu’une étape.
(2) Lestel, Dominique. L’animal singulier, Seuil, 2004, p. 30
(3) Lestel, D. Op.cit, p. 31
(4) Lestel, D. Op.cit, p. 61