Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

La communication animale : les pieds sur terre et l’esprit ouvert – 1

03/09/2010 par Sandra

Ils sont peu nombreux au Québec à pratiquer ce métier pour le moins particulier. Parmi eux Caroline Leroux qui se dit pionnière de la Communication Animale dans la province. Cela fait 11 ans qu’elle renseigne et guide les propriétaires d’animaux de compagnie (chien, chat, cheval…) et est une des rares au monde à donner des consultations, des cours/ateliers et des conférences en français.
C’est Érik Pigani qui en parle dans son dernier ouvrage ‘La communication animale’. Lui, c’est le spécialiste du psi, c’est-à-dire des facultés paranormales de l’esprit humain comme la télépathie, la clairvoyance, la prémonition. Il a pendant plus de 20 ans rencontré « les acteurs principaux de la recherche scientifique en parapsychologie, observé leurs travaux, recueilli des centaines de témoignages et accédé à des dossiers de travaux inconnus du grand public ». (La communication animale, p. 11). Il a participé activement à une vaste enquête française sur le 6e sens des animaux lancée par la revue Psychologies magazine avec le soutien de 30 millions d’amis sur une idée originale de Rupert Sheldrake.
Caroline Leroux entre en connexion avec des animaux. Elle semble s’immiscer dans l’intimité de la relation entre le propriétaire et l’animal; tout près de l’animal, elle entend ce que ce dernier lui dit… en images. La Communication Animale permet donc d’entrer en contact direct avec un animal et d’entretenir un véritable dialogue.
C’est est un domaine de recherche raillé, les tenants de l’orthodoxie se gaussant de la difficile validation de cette communication tout en reconnaissant que la télépathie ça existe et ça ‘marche’ …. entre humains. N’a-t-elle d’ailleurs pas été prouvée scientifiquement, cette télépathie? 6e sens des animauxMais de là à étendre cette capacité inter-espèce, il y a un pas que Caroline Leroux a franchi, elle qui « n’est pas là pour convaincre. Je n’ai pas à prouver mon expérience de vie professionnelle ». Elle a décidé de plaquer un métier conventionnel pour emprunter un chemin déjà fréquenté par certains chercheurs, vétérinaires (cf. Philippe De Wailly, Le 6e sens des animaux) ou Michel Klein.
La Communication Animale est un mouvement relativement récent dans lequel le bon communicateur doit avoir une excellente connaissance de son sujet, une bonne dose d’empathie et une faculté télépathique qui peut s’éveiller quand les conditions psychologiques s’y prêtent. Alors seulement, la communication peut avoir lieu et Caroline peut entrer en contact psi avec l’animal. « Les animaux ne parlent pas mais communiquent beaucoup leurs émotions, leurs sensations… » or, « la télépathie ou communication animale s’adapte toujours à celui qui reçoit, les animaux parlent en images, je reçois en mots car je parle en mots. La télépathie s’adapte au receveur, c’est un langage universel et praticable entre personnes qui ne parlent pas la même langue », avance-t-elle. En parapsychologie scientifique, la télépathie est un ‘phénomène psi’. Ce terme traduction de la lettre grecque Ѱ a été écrit avec un i pour le différencier d’un phénomène psychologique normal. On dit aussi que tout comme la clairvoyance ou la prémonition, la télépathie est un phénomène de perception extrasensorielle c’est-à-dire une perception qui ne passe pas par l’un de nos 5 sens habituels, rappelle Érik Pigani. Croire ou ne pas croire en cette approche, telle n’est pas la question. Il s’agit plutôt d’en regarder les effets positifs, les aspects négatifs, s’abreuver des recherches scientifiques et se faire une opinion.  Peut-on continuer de parler de hasard, de coïncidences voire de confusions d’identité dans ces phénomènes qui existent et qui engendrent le scepticisme des rationalistes scientifiques? Ou ne sommes-nous juste pas capables pour le moment de déterminer la nature véritable des liens qui se lient entre les humains et les animaux?

Pour aller plus loin :

  1. L’institut de métapsychique internationale: http://www.metapsychique.org/
  2. Rupert Sheldrake: http://www.sheldrake.org/homepage.html
  3. Jaytee, le chien, vous fera certainement changer d’avis sur ces phénomènes psi comme la télépathie : http://www.sheldrake.org/Articles&Papers/papers/animals/dog_video.html. Il a été l’objet d’une expérimentation en parapsychologie scientifique.
  4. Le site de Caroline Leroux: http://www.communication-animal.net/
  5. Dean Radin, Ph.D, auteur de La conscience invisible, est l’un des principaux chercheurs de l’Institut des Sciences Noetic depuis 2001.

Les animaux changent parce qu’ils nous changent

28/08/2010 par Sandra

conditionnementCertains dispositifs behavioristes – ceux qui font du conditionnement – ne laissent aucune chance au chien d’exprimer sa manière d’être et de les surprendre. Ils conditionnent le chien à effectuer mécaniquement une commande…. Pour quel bénéfice ?
Ainsi, l’ordre des choses est conservé: l’animal ne peut déroger à cette ornière idéologique dans laquelle il a été formaté: ‘il fait ce que je veux’. Ceci est une autre ‘influence négative de la domestication’, selon l’expression de Romanes, le père de la psychologie comparative interspécifique.
Pourtant, iIl existe une approche qui ouvre des perspectives riches d’enseignement parce qu’ouverte aux changements, une approche qui induit des transformations traduisant de nouvelles manières d’êtres, dans laquelle le scientifique et le propriétaire ne savent pas quelles sont les bonnes questions à adresser aux animaux mais qui accueillent ce doute intelligent en adoptant une position de recherche nouvelle:  quelles sont - du point de vue du chien, de l’animal - les expérimentations qui permettent d’obtenir de leur part les meilleurs réponses qui soient ? Bien entendu, ça ne se fait pas immédiatement, ça prend beaucoup de temps, d’essai-erreurs mais ô combien porteurs d’avenir.
Actuellement, il semble que la société québécoise envisage encore l’éducation du chien de manière behavioriste: conditionnement pur de dur. Une portion infime d’observateurs du comportement canin a adopté une autre voie – voix: les animaux les ont transformés afin qu’ils les transforment.

Dans les dispositifs de conditionnement, le chien est généralement soumis à un apprentissage au cours duquel il doit apprendre à réagir à certains stimuli : une lumière qui s’allume, un son de cloche, un dessin. Lorsqu’il perçoit le stimulus qu’on lui demande de reconnaître ou de discriminer, il doit présenter la réaction que lui a enseignée son expérimentateur. Il sera dans le meilleur des cas récompensé par un peu de nourriture dans les moins bons puni par un choc électrique ou toute autre expérience désagréable. À force de répéter le stimulus, l’expérimentateur obtient ce qu’il cherchait : le chien est conditionné, il se comporte à présent comme un jouet mécanique à ressorts. Ici encore le terme ‘invention’ au sens d’une production d’existence permet de décrire ce qui a pu arriver au chien dans ce type de dispositif. En observant la façon dont le chien est soumis à des contraintes qui ne lui laissent aucune chance, les sociologues Arnold Arluke et Clinton Sanders - Regarding animals – ont repris à leur compte cette conclusion sans appel de Vicki Hearne : ‘Dans la mesure où les behavioristes font tout pour dénier toute possibilité de croire à la capacité du chien de croire, d’avoir des intentions, de signifier etc., il n’y aura aucun courant d’intentions, de significations ou de croyances qui aura une chance d’advenir. Le chien peut essayer de répondre au behavioriste, mais le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien… le chien du behavioriste ne fera pas que sembler stupide, il sera stupide!’.Quand le loup habitera avec l’agneau
De ce dispositif très appauvrissant et remarquable par le manque de politesse de ses chercheurs, on pourrait pourtant, mais par contraste, trouver des indices nous permettant de proposer une autre version, complémentaire des changements qui sont partout repérables. Que se passe-t-il dans ce dispositif? Bien sûr, il a mutilé le chien, il n’a rien fait d’autre que de produire une existence sans intelligence. Mais soyons attentifs : cette lobotomie à distance n’est possible que parce que les chercheurs se sont eux même mutilés. Il n’y a pas que le chien qui soit stupide dans cette histoire. Les chercheurs le sont autant que lui, non pas parce qu’ils l’étaient avant mais parce qu’ils se sont soumis à un dispositif qui ne leur donnait aucune chance d’être ni intéressés ni intéressants. En écoutant les conclusions de Hearne – ‘Le behavioriste ne répondra pas à la réponse du chien’ – on pourrait même formuler autrement notre affirmation : les behavioristes n’ont laissé aucune chance au chien de leur donner une chance. Ils n’ont à aucun moment autorisé le chien à les modifier, à les surprendre, à leur apprendre quelque chose et à changer leur manière de s’adresser à lui.
Dès lors l’affirmation des primatologues et des éthologistes ‘ils ont changé mais nous avons changé aussi’ peut recevoir si nous voulons être fidèles à la manière dont eux-mêmes peuvent parfois décrire leur travail, une autre traduction : ‘Les animaux ont changé aussi parce qu’ils nous ont changés’.

Despret, Vinciane. Quand le loup habitera avec l’agneau, Les empêcheurs de tourner en rond, 2002, p 29-31

Conseil de ville…. De quelle politique animale… ‘On va regarder ça’

25/08/2010 par Sandra

juillet_2010Une ville durable est une ville qui accueille le social, le végétal et l’animal… Si l’intégration dans la ville de la nature végétale (et minérale) est déjà bien assise dans les politiques urbaines de Longueuil, celle de l’animal ne semble faire l’objet de peu de prise de conscience, du moins à la lecture du ‘Le Guide espace citoyen Longueuil’ magazine d’information municipale de juillet dernier dans lequel l’animal de compagnie – réparti dans 23% des ménages québécois – est rangé sous la rubrique : Nuisances p. 49 du document? Du moins si l’on en juge par le Règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil. 

Le texte que sandraetlechien.com a présenté hier : ici.

Réaction de Michel Latendresse, vice-président du comité exécutif et conseiller municipal de l’Arrondissement de Saint-Hubert : ‘On va regarder ça’……
Soyez certain que vous serez épaulé dans cette tâche :)

Pour une réflexion urbaine sur la présence de l’animal dans la ville de Longueuil

18/08/2010 par Sandra

animaux en villeLa présence dans la ville d’animaux domestiques, commensaux et sauvages est de plus en plus massive. Il en découle de nombreux bienfaits … mais aussi des désagréments. Ici, tout le monde pense en priorité aux déjections canines; mais ce n’est qu’un des multiples problèmes que pose la présence animale dans la ville : dangerosité de certains chiens, hurlements nocturnes des chats en chaleur, ré-introduction de la poule etc.
L’animal de compagnie domestique a pris un développement considérable en ville ces dernières décennies. Le chien et le chat sont les compagnons les plus expressifs, mais à côté, on note l’existence des oiseaux de volière et des poissons d’aquarium…. L’animal est entré en force dans le groupe familial urbain d’aujourd’hui. Il joue un rôle important dans l’équilibre affectif de la cellule familiale. L’animal de compagnie correspond à un besoin d’appartenance communautaire au-delà de divers phénomènes de mode. Il est source de valorisation, il est facteur d’activités physiques et relationnelles, il représente un équilibre médico-psycho-social pour les propriétaires…. Il est un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales. Néanmoins, nous assistons simultanément à la multiplication des nuisances, abandons, situations insécurisantes… L’objectif est :

Pour faciliter la présence de l’animal dans la ville, pour permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elle rend à ses citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie

Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. Pourquoi?
Pour répondre aux besoins des citoyens qu’ils soient propriétaires ou pas d’animaux de compagnie
Parce que le phénomène des animaux de compagnie n’est pas pour décroître (il va bien falloir y réfléchir)
Pour sensibiliser les enfants aux animaux de compagnie, leur comportement
Pour prévenir les actes de cruauté envers les animauxchien en ville
Pour économiser et….
Parce que la manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville. La manière dont une municipalité répond aux besoins de ses citoyens détermine si les dits-citoyens s’implantent durablement dans une ville. Par exemple, cela fait des années que les propriétaires de chiens demandent qu’on réponde à leurs besoins (avoir des parcs à chiens de proximité dans leur localité), vu les fins de non recevoir que plusieurs d’entre nous ont reçues, il est grand temps de lancer une réflexion plus générale sur la place de l’animal dans l’espace urbain. Car, l’argument ‘on n’a pas d’espaces’ n’est pas recevable si l’on met en application une vision urbaine de la vie et de la place des animaux domestiques qui qu’on le veuille ou non sont déjà là.

Faciliter la relation au vivant est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu  urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public», (La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008), http://sandraetlechien.com propose qu’une réflexion globale sur la présence des animaux de compagnie dans l’espace urbain de la ville de Longueuil soit tenue. Conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville, c’est possible.

http://sandraetlechien.com/ va demander lors de la séance publique du conseil de la Ville de Longueuil, le 24 août la tenue d’une table de réflexion/concertation/consultation publique pour réfléchir à quelle présence de l’animal en ville Longueuil veut et poser enfin des actes cohérents.
Lieu: 
4250 ch Savane, Saint-Hubert, ville de Longueuil.

 

Pour aller plus loin:
http://www.petsandthecity.fr/citadins-bienveillants.html

Les rencontres Animal et Société du Ministère de l’Agriculture et de le Pêche -France
http://www.animaletsociete.fr/

Les parcs à chiens, une histoire d’humains, un photoreportage de Jacinthe Tremblay

logo_millenaire3http://sandraetlechien.com doit beaucoup de ses réflexions aux travaux exemplaires qui ont été menés dans le cadre des synthèses du Millénaire, Grand Lyon (France) Septembre 2005, intitulé ‘Les relations homme-animal en milieu urbain’: /http://www.millenaire3.com

Mon père, bénissez mon chien, 2ème partie

14/08/2010 par Sandra
Bien que Benoît XVI n’ait pas lui-même de chat ou de chien au Vatican, espérons qu’il aime les animaux comme son prédécesseur Jean-Paul II qui vouait une grande admiration pour Saint-François-d’Assise. D’ailleurs, c’est Jean-Paul II en 1979, qui a officiellement proclamé Saint-François-d’Assise, patron des écologistes et des animaux. C’est pourquoi le 4 octobre de chaque année, jour de naissance du saint, de nombreux prêtres à travers le Québec (et le monde) procèdent à la bénédiction des animaux (tout l’article).
En fait, ce rituel fait partie de l’ensemble des rituels de bénédictions de l’Église. Il était, certes, plus fréquent jadis dans les campagnes. L’idée était d’attirer la protection de Dieu. Aujourd’hui, en faisant bénir son animal de compagnie, le propriétaire souhaite attirer les grâces divines et les bienfaits sur celui ou celle qui vit à ses côtés.
Rappelons-nous que Dieu a sauvé les animaux du déluge en même temps que Noé et sa famille, Jonas a été sauvé de l’abîme par une baleine, il a montré à Élie un corbeau pour lui apporter de la nourriture….
Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

Les images d’animaux sauvant les humains sont pléthores dans la Bible, n’est qu’à se rappeler Saint-Roch. Homme saint qui, à force de soigner les malades, finit par attraper la peste. Il se retira dans une forêt pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître.
D’où l’iconographie représentant Saint-Roch et le chien ou le dicton qui dit : « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien ».  D’où la popularité de puis des années de la  Fête de la fondation Saint-Roch.

Faire bénir son chien, et pourquoi pas après tout ? Le livre des bénédictions de l’Église catholique comporte d’innombrables textes qui sont mis à jour régulièrement par le Vatican. On peut tout faire bénir, une maison, une moto… alors pourquoi pas un chat ou un chien ? Le chien est parfois l’unique connexion avec le monde extérieur. Exploiter ce potentiel émotif n’est donc pas anodin.  Officiellement ‘nous n’avons pas de célébration de bénédictions d’animaux et leurs propriétaires’, affirme-ton du côté du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré. Idem à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal…. Mais ‘si une personne se présente avec son animal de compagnie, il nous fera plaisir de les bénir’ et ‘à date, cette demande ne nous a pas été adressée’.

Pas encore…. imagesCAJLLIT5

Bénissez mon chien, mon père – 1ere partie

10/08/2010 par Sandra

On bénit les animaux de compagnie dans les églises du Québec (catholique ou anglicane).

Depuis plusieurs années, dans la région de Drummondville durant la semaine de l’Action de saint-françois d'assiseGrâce, Luc Lafond, prêtre, bénit les animaux de compagnie et leurs propriétaires. C’est l’occasion de fêter le patron des animaux et de la nation, Saint-François d’Assise et de rendre grâce à Dieu pour ses créatures.
Elles sont nombreuses les paroisses à offrir un rituel de bénédiction des animaux. Ainsi, en décembre dernier, dans Montréal-Nord, plus de 50 personnes ont pris part à une de ces céréminies au Mail Léger-Langelier. Chats, chiens… ont reçu les sacrements du curé Richard Depairon, des paroisses Sainte-Colette et Saint-Camille.
Idem à la paroisse de Sainte-Anne-de-Bellevue, l’abbé Jean-Ronald Mallette anime sa messe dominicale devant un parterre de poils, griffes et moustaches. Chaque premier dimanche du mois, une cérémonie spéciale où les animaux de compagnie peuvent amener leurs maîtres assister à une cérémonie religieuse en leur honneur a lieu à l’église anglicane Christ Church, de Beaurepaire, à Beaconsfield. Cette église a lancé en collaboration avec les Centres d’adoption d’animaux de compagnie du Québec (caacQ) un tout nouveau concept, Museaux et Prières. Ou comment célébrer la relation anthropocanine. Ce culte est a pour objectif de changer les perceptions des Québécois à l’égard du bien être des animaux. La Sainte Communion a été offerte, chaque mois depuis janvier dernier, à toutes les personnes présentes et des gâteries ont été données à tous les chiens. Des bols d’eau étaient également fournis (pour les chiens!).
Ainsi est-il fréquent de lire ce genre d’invitation: ‘La Chorale Gospel Outaouais et la Société protectrice des animaux de l’Outaouais invitent toutes les familles et leurs animaux de compagnie à une fête spéciale, le dimanche 16 mai 2010, à 15 h 30, à la cathédrale Saint-Joseph, 245, boulevard Saint-Joseph, Gatineau. La bénédiction des animaux aura lieu lors d’une messe gospel, qui se tiendra entièrement à l’extérieur, célébrée par l’abbé Jean Sans-Cartier et animée par la Chorale Gospel Outaouais’.
À Hudson, la tradition veut que les Services animaliers Wags and Whisker et le Service des parcs et loisirs d’Hudson invitent la population à une journée d’adoption d’animaux et de bénédiction au centre communautaire.

Pour l’amour des animaux

06/08/2010 par Sandra

‘J’ai toujours vécu avec des animaux’, ‘Pour l’amour des animaux’…, sous ce drap se cache une bien sombre face de l’humanité. Il est totalement faux de penser que j’agis moralement ‘pour l’amour des chiens’.  Un chien a-t-il besoin d’un humain pour vivre? L’humain a, bel et bien, besoin du chien.
Sinon pourquoi y en aurait-il autant? Parce que les animaux de compagnie offrent une sensation de plénitude, de fusion avec l’univers. Ils renvoient une image gratifiante de l’humain : Ils nous trouvent toujours aimables! ‘L’amour des animaux est un amour égoïste. L’animal valorise l’homme, qui est au centre de son attention, de son univers, et qui a sur lui un pouvoir de vie ou de mort. Je suis convaincu que nous n’aimons pas tant l’animal lui-même que sa dépendance à notre égard’, explique Jean-Baptiste Jeangène Vilmer  dans Éthique animale. JeangeneVilmerJB_EthiqueAnimale_C1pEn effet, n’avez-vous jamais pensé à ça : je décide de la nourriture de mon chien, je décide qu’il aime ça, je suppose qu’il aime ça car il mange tout, mais s’il mangeait tout parce qu’il avait juste faim? J’ai un pouvoir sans fin sur lui… ou presque. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer dans une entrevue au Devoir en juin 2009, avançait :

Pour renforcer son contrôle, le maître se construit à travers essentiellement deux comportements: le dressage et le maternage. Le dressage permet à l’homme de satisfaire son besoin d’autorité, en assujettissant et en dominant l’animal, que des spécialistes, des professionnels peuvent même lui livrer «clés en main» comme une voiture prête à être conduite. Le maternage, qui s’exprime à travers une avalanche d’affection, de nourriture excessive (il y a une confusion courante entre affection et nourrissage) et de soins divers, revient à considérer l’animal comme un enfant. Il est même créé pour cela: nos animaux de compagnie sont sélectionnés pour conserver des caractères infantiles à la fois dans leur comportement (néoténie) et leur morphologie (pédomorphisation), c’est ce qui nous fait «craquer» puisque c’est ce qui répond à notre besoin de maternage.

L’animal de compagnie n’est autre qu’un objet narcissique, une sorte de miroir qui nous renvoie l’image d’un être supérieur, qui vient combler la solitude ou la frustration. C’est aussi, pour beaucoup d’humains, un objet symbiotique avec lequel on n’a pas de limites. Ainsi, tout ce qui est vécu par l’animal passe dans l’humain et inversement. En ce sens le psychiatre et professeur Pierre Guyotat a raison, l’animal est un objet transactionnel ou transitionnel. Il fonctionne dans un groupe comme un bien d’échange et surtout comme un objet à tout faire : à caresser, à torturer, à suralimenter, à interpeller…

Notre psychisme peut assigner un autre rôle à l’animal. Plus retors. Le service le plus éminent qu’il nous rend, c’est certainement ce sentiment de puissance sur un environnement dont on ne connaît plus les limites et les évolutions, sur ce petit morceau de nature à la maison qui ‘sert de rédemption à la culpabilité d’exploiter sans vergogne d’autres animaux: toute cette affection, cette compassion, cet amour que nous déversons sur les uns sert peut-être à nous donner l’illusion de compenser le mal que nous faisons aux autres’, dit Jean-Baptiste Jeangène Vilmer.

Mais dans tous les cas, l’animal de compagnie exprime l’homme.

Expressive proximité

02/08/2010 par Sandra

expression des émotions chez l'homme et les animauxTant que l’homme et les animaux sont regardés comme des créations indépendantes, un sérieux obstacle s’oppose à notre désir naturel de pousser aussi loin que possible notre recherche des causes de l’expression. Cette conception peut expliquer tout et n’importe quoi; et elle s’est révélée pernicieuse autant pour l’étude de l’expression que pour toute autre branche de l’histoire naturelle. Certaines expressions de l’homme, par exemple lorsque les cheveux se hérissent sous l’influence d’une terreur extrême ou que les dents se découvrent par l’effet d’une colère furieuse, ne sont guère compréhensibles sauf si l’on se convainc que l’homme a connu jadis un état bien inférieur et semblable à l’animalité. Le fait que certaines expressions soient communes à des espèces distinctes quoiqu’apparentées, comme les mouvements des mêmes muscles faciaux pendant le rire chez l’homme et chez divers singes, devient un peu plus compréhensible si nous croyons qu’ils descendent d’un ancêtre commun. Celui qui admet d’une façon générale que la structure corporelle et les habitudes de tous les animaux ont évolué graduellement considérera l’ensemble de la question de l’expression sous un jour nouveau et plein d’intérêt. Charles Darwin, Expression des émotions chez l’homme et les animaux, Rivages Poche, p 20-21

À quelques siècles de distance, deux conclusions similaires. Ce n’est qu’en étudiant la proximité spatiale et la continuité temporelle entre l’homme et les animaux/chiens que nous découvrirons ces communautés hybrides et qu’il sera ainsi plus facile d’appréhender la thérapie assistée par le chien.

Une communauté hybride homme/animal est une association d‘hommes et d’animaux dans une culture donnée qui cL’animal singulieronstitue un espace de vie pour les uns et pour les autres, dans lequel sont partagés des intérêts, des affects et du sens. Il ne s’agit pas d’associations générales mais d’associations particulières….. S’il s’agit d’associations polyspécifiques, il s’agit avant tout d’agencements chargés de sens et d’émotions entre des individus qui appartiennent à des espèces différentes, et l’individualité des protagonistes compte plus que les espèces impliquées… .
Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, p 19-20

Le souci compatissant des chiens

27/07/2010 par Sandra

Les témoignages de personnes réconfortées par leur chien en période de détresse abondent. Besoin est-il de démontrer scientifiquement le penchant canin à l’empathie? Des études sérieuses existent.
Laissons la parole à Frans de Waal. L’Âge de l’empathie, LLL – Les liens qui libèrent – p 140-141

Quand la psychologue américaine Carolyn Zahn-Waxler voulut déterminer à quel âge les enfants commencent à réconforter des membres de leur famille ayant reçu l’instruction de sangloter ou de crier ‘aïe’. Il s’avère que les enfants le font déjà à 1 an bien avant que le langage n’interfère dans leurs réactions. Dans cette étude les chercheurs découvrirent incidemment que les animaux de la maison réagissaient de la même façon que les enfants. Paraissant aussi perturbés par cette détresse feinte, ils tournaient autour des membres de la famille et posaient la tête sage de l'empathieur leurs genoux avec les signes d’une vive inquiétude. Mais peut-être que les animaux de compagnie réservent-ils ce comportement aux seuls humains –qui les nourrissent et leur donnent des ordres – à l’exclusion de leurs semblables? La réponse fut apportée par une étude conçue sur le modèle de celles portant sur les primates. Elle mesurait les suites des bagarres entre chiens. Des biologistes belges observèrent près de 2000 altercations spontanées chez des chiens qu’une société d’aliments pour animaux de compagnie lâchait tous les jours dans un pré. Après des manifestations d’agressivité, des chiens s’approchaient d’un combattant – en général le perdant – pour le lécher, lui donner des coups de museau, s’asseoir ou jouer avec lui. Leur initiative semblait calmer le groupe qui revenait à ses activités coutumières.

Que faut-il comprendre de ces recherches? Que le chien a dans sa biologie le penchant empathique développé. Le réconfort semble ainsi faire partie de la gamme canine d’émotions intra et inter-espèce. Mais dites voir, quand on a le souci compatissant de l’autre dans le corps, n’est-on pas dans une position physique de relation morale avec les autres?

Y a-t-il une frontière entre l’homme et l’animal?

22/07/2010 par Sandra

Où en sont les scientifiques dans cette difficile définition de l’humanité et de l’animalité? Qu’est-ce qui nous différencie? La culture? Le langage? L’apprentissage? Est-ce là ce qui nous sépare de la bête? La solution viendra peut-être des efforts conjugués des anthropologues et des éthologues? Les premiers s’intéressent à l’histoire de l’homme (l’anthropologie évolutionniste est entrain de prendre forme, tenant compte de toutes les découvertes récentes dans de nombreuses disciplines (paléoanthropologie, préhistoire, génétique, éthologie, sciences cognitives, linguistique). Bien sûr le séquençage du génome de l’homme en 2003 et celui du chimpanzé en 2005 incitent à repenser l’origine de l’homme et de son évolution. Les seconds se penchent sur les comportements des animaux surtout en milieu naturel mais n’est-ce pas finalement le même objectif : dessiner avec plus de précision la frontière censée séparer l’homme de l’animal, voire la déplacer en fonction des nouvelles découvertes? – Pourquoi cette volonté de mieux comprendre les sociétés animales complexes? Selon Dominique Lestel, ‘pour mieux connaître nos propres sociétés’.
On est déjà entrain de faire sauter la frontière jusqu’à présent immuable qui séparait nature et culture, Auberger Janick et Keating Peter. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009l’homme s’arrogeant seul le droit de sortir des limites de la biologie pour accéder à la culture. Les chercheurs parlent maintenant de ‘cultures animales’ certains ne considérant que les grands signes, d’autres comme Dominique Lestel ou Hal Whitehead et Luke Rendall (université Dalhousie à Halifax) incluant dans leurs observations cétacés et oiseaux, corbeaux et corneilles en particulier….
Et le chien?
Il est désormais bien attesté que de nombreuses espèces animales peuvent apprendre, mémoriser, résoudre des problèmes et même forger des représentations mentales.

Janick Auberger et Peter Keating. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009, p .88

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