Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Toc-toc, y’a-t-il quelqu’un là-dedans?

08/03/2010 par Sandra

Votre chien a-t-il une conscience? A-t-il conscience de lui? De son corps? De son impact dans le monde? « Démontrer l’existence d’une conscience chez un individu est très difficile : le concept de la conscience est fondamentalement réflexif ; on ne peut en effet être sûr d’être conscient d’un moment ou d’une action que lorsque l’on est, à l’instant présent, « conscient d’être conscient », expliquent Fabienne Delfour & Pascal Carlier .
Il y a différents outils pour parvenir à savoir ‘s’il y a quelqu’un là-dedans’. Les chercheurs utilisent plusieurs tests différents et Alexandra Horowitz s’est particulièrement intéressée aux interactions de chiens dans le jeu. Elle indique que le « comportement des chiens semble très proche de la théorie de l’esprit… Les statistiques montrent que la plupart des chiens agissent de façon sensée mais les exceptions sont légion…. Leurs appels à l’attention et le recours aux signaux de jeu semblent indiquer qu’ils possèdent une théorie de l’esprit rudimentaire… Pour rudimentaire que soit l’aptitude, elle fait peut-être partie d’un système d’équité naissant chez ces quadrupèdes » (1).
Votre chien n’a peut-être pas conscience de vos pensées, par contre il sait éminemment « que votre comportement reflète vos pensées. Dans le cadre de la communication chien-homme c’est même ce qui vaut à l’animal sa quasi-humanité ».
C’est pourquoi lorsque l’on met en évidence des phénomènes aussi importants, il devient plus coûteux au plan scientifique de ne pas postuler l’existence de la conscience animale que de la postuler.

1/Horowitz, Alexandra. Dans la peau d’un chien. Flammarion, 2009, p. 195

Un avocat pour mon chien

07/03/2010 par Sandra

Les Suisses doivent trancher aujourd’hui s’ils veulent que tous les cantons aient leur avocat pour animaux, comme c’est actuellement le cas pour Zurich. Antoine F.Goetschel, le seul avocat du genre en Suisse, prône un oui à l’initiative populaire de la Protection suisse des animaux.

Certains parlent d’initiative complètement inutile. En quoi la généralisation d’un avocat pour animaux est-elle nécessaire à vos yeux?
Antoine F.Goetschel: Les procédures pénales sont trop compliquées et coûteuses. J’interviens pour les simplifier en aidant la justice dans son travail, car une amende infligée trop tard n’a plus grand effet. C’est comme de punir un chien longtemps après sa bêtise, il ne saura pas pourquoi et cela ne servira à rien.

Mais ne va-t-on pas trop loin dans la protection des animaux?
Je ne suis pas d’accord. Chaque procédure qui est lancée est déjà une victoire. Et les avocats doivent appuyer les minorités qui peinent à se défendre seules, comme les enfants battus ou les femmes abusées. Les animaux sont aussi une minorité. La loi pour la protection des animaux concerne tous les vertébrés. Chacun d’entre eux a le droit d’être représenté, même si je m’occupe plus des animaux proches de l’homme. Sur 224 procédures ouvertes en 2008, 138 concernaient des chiens, 28 des vaches, 12 des chats, 6 des chevaux, 6 des lapins et 6 des porcs. J’ai même eu un cas de poisson, je l’ai traité comme un autre.

Pour lire l’article au complet : http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=11796656

Cani-cross ou la médidation courante

05/03/2010 par Sandra

Ma plus grande motivation et la seule: courir avec mon chien. Chaque samedi matin, je me lève tôt pour aller courir dans le bois avec Sapi, un berger australien et une horde de chiens en super forme. Deux fois semaine, j’ai hâte de quitter le bureau et de rejoindre mon chien avide d’entrer dans son harnais pour courir les bois et découvrir de nouveaux endroits. Il ne batifole pas pendant une course (moyenne de 4 km), mais il sait que l’entraînement sera suivi d’une balade libre. Je ne courais pas il y a un an. Toutefois, l’énergie débordante de mon chien malgré les nombreuses acanicross 6 mars 2010ctivités que je lui proposais m’a incitée à investir: harnais-bungee-ceinture et la première «coursette» (sur les trottoirs, car on s’entend que j’essayais de garder un minimum d’estime), Sapi s’est retourné et m’a regardée dans les yeux. C’était fait: la relation sportive était ancrée et la motivation «éternelle». D’ailleurs, ce n’est plus tant de la motivation qu’un besoin triple: celui de mon chien de courir et d’en démordre, celui de courir avec mon chien et de garder le rythme, celui enfin de vibrer au diapason de notre relation «anthropocanine».

Le canicross c’est entrer en méditation (tout en étant extrêmement alerte, cette semaine, par exemple, on a croisé une mouffette dans le bois…), ces moments apaisent les tensions internes tout en créant de nouvelles :) et deviennent physiologiquement nécessaires. On sait les effets positifs de la méditation sur le corps et le mental… même si celle-ci est un peu remuante, ça en est quand même une… une sorte de.

Témoignage paru dans le numéro 109 du mois de mars 2010 du Journal Courir à Montréal – http://www.courir.org ou pour vous abonner: wlightning24@hotmail.com

Et aussi: http://www.sdvmag.com/le-canicross-des-neiges-pour-la-forme-et-lair-pur/

La zoothérapie au Canada en un clin d’œil

02/03/2010 par Sandra

En 2008, Sarah M. Schlote a mené une vaste enquête d’un océan à l’autre afin d’avoir un portrait de la situation de la zoothérapie au Canada. Pour son sondage, Sarah a spécifiquement interrogé 131 professionnel(le)s en relation d’aide, santé mentale, éducation et services sociaux (par ex : conseillers, psychothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, coach de vie, guérisseurs, etc.) travaillant avec un partenaire animal dans le cadre d’interventions thérapeutiques visant la croissance personnelle. L’étude ne visait pas la zoothérapie telle que pratiquée dans d’autres domaines professionnels, ni les activités assistées par l’animal ou l’équitation thérapeutique.
Voici les points saillants.
• 91% des personnes interrogées ont – de 10 ans d’expérience en zoothérapie.
• 66% ont entre 0-5 ans d’expérience.
•  64% avaient une éducation universitaire
• 69% avaient des études en relations d’aide (voulant dire, 30% avaient des études ou des professions non pertinents,telles l’ingénierie, le journalisme, l’hôtellerie…  N’importe qui peut s’improviser zoothérapeute…)
• Il n’y a pas ou peu de communication ou de collaboration entre les programmes de formation/certification
• Il n’y a pas de norme standardisée au niveau des pré-requis académiques pour suivre une formation en zoothérapie
• Personne ne s’entend sur la terminologie à se donner : il y a plus de 60 termes différents en anglais et plus de 30 en français pour dire zoothérapie…
…..Et on continue à en inventer d’autres…
•  Il y a un manque de consensus au niveau des définitions. Par ex. : On n’est pas d’accord sur les différences entre : zoothérapeute et intervenant en zoothérapie, ni sur la distinction entre la thérapie/le coaching/l’apprentissage assisté par le cheval…

L’objectif de l’étude était de mieux comprendre les enjeux actuels afin d’inspirer des solutions. Pour faire évoluer le domaine, deux avenues sont non seulement souhaitées mais souhaitables :
1/ l’établissement de normes (61%)
2/ La création d’une association professionnelle nationale indépendante (65%).

Un prix pour des ‘Chiens Câlins, Chiens Malins’

28/02/2010 par Sandra

Chaque année, en France, la Fondation des Hôpitaux de Paris  – Hôpitaux de France récompense les meilleures initiatives de décloisonnement des services de l’hôpital pour améliorer la qualité de vie du malade et de ses proches.
Et vous savez quoi ?
En 2009, le 1er prix a été attribué  aux équipes du Groupe Hospitalier Armand Trousseau de La Roche Guyon(en région parisienne) pour la création d’un atelier ‘Chiens Câlins, Chiens Malins’ auprès des enfants et adolescents polyhandicapés.
Le Groupe hospitalier Armand Trousseau La Roche Guyon accueille des enfants et adolescents polyhandicapés en soins de suite et de réadaptation fonctionnelle. Dans le cadre d’une démarche de socialisation et d’ouverture sur l’extérieur, inscrite dans le projet de soins, le service socio-éducatif a élaboré en lien avec tous les services de soins de l’hôpital un projet thérapeutique et éducatif sur la médiation de l’animal comme une aide ou un moyen d’améliorer les déficiences motrices ou mentales (prise d’initiative, affirmation de soi) et de susciter le désir, le plaisir d’agir.
Cette année encore ce prix – le Prix Hélioscope – va récompenser un hôpital ou des hôpitaux qui aura réalisé et évalué après réalisation (évaluation qualitative et quantitative des résultats, notamment du point de vue du malade et de ses proches), une action exemplaire de coopération entre les différents services ou métiers de l’hôpital au bénéfice du malade. Les critères d’évaluation reposent, aussi, sur la multiplicité et la diversité des partenaires, des services et des métiers impliqués dans la réalisation.

On se plaît à rêver qu’une initiative similaire naisse au Québec et qu’enfin les multiples projets de thérapie assistée par le chien soient honorés pour leur efficience et leur intérêt (pour le patient, il va sans dire).
Ou plus exactement: qu’enfin davantage d’hôpitaux québécois prennent conscience de l’apport crucial de la TAC et qu’ils développent des activités dans leurs enceintes. Actuellement, il y a le CHUQ, Douglas, Rivière-des-Prairies (ces deux derniers étant des hôpitaux de soins psychiatriques) et quels autres établissements ?

Source : http://www.rimaac.org/actualites/prix-helioscope-2010/

Les valeurs de la science

27/02/2010 par Sandra

Chaque scientifique aborde ses travaux avec son propre système de valeurs. Elles influent sur sa manière de mener ses recherches, d’expliquer et d’interpréter les données. Le but de la science est de parvenir à des conclusions ‘objectives’ sur le monde – des réponses sans parti pris – mais les scientifiques eux-mêmes ne sont pas des automates dénués de sensibilité. Ce sont des individus, des êtres de chair et de sang qui ont leur propre point de vue. La science a toujours buté sur ce problème. Quand est-ce qu’un savoir subjectif se mue en ‘vérité’ objective? Quelle méthode adopter pour prouver quelque chose? Combien de temps ce processus doit-il durer? Dans quelle mesure les convictions personnelles d’un scientifique influencent-elles à son insu sa façon d’interpréter des données ‘objectives’? La science peut-elle vraiment accorder une place aux intuitions d’un chercheur, à ses sentiments, à sa personnalité?

Bekoff. Marc. Les émotions des animaux, Manuels Payot, p.205

Qui fait l’injection ?

25/02/2010 par Sandra

Tout jeune vétérinaire au Canada prononce un Serment (Serment vétérinaire canadien) en entrant en fonction :

En tant que membre de la profession de médecin vétérinaire, j’affirme solennellement que je mettrai mes connaissances et mes compétences scientifiques au service de la société.
Je m’efforcerai de protéger la santé et le bien-être des animaux, de soulager leurs souffrances, de protéger la santé publique et écologique et de travailler à l’avancement des connaissances médicales comparées.
J’exercerai ma profession consciencieusement, avec dignité et conformément aux principes de déontologie de la médecine vétérinaire.
Je m’efforcerai sans cesse d’améliorer mes connaissances et mes compétences professionnelles et de respecter les normes professionnelles et déontologiques les plus rigoureuses à mon égard et à celui de la profession.

Le vétérinaire est donc « responsable de la transformation, de la réparation, de la réadaptation et de la destruction des ‘unités’ malades ou non fonctionnelles. Il sert à adoucir et humaniser l’exploitation des animaux », écrit Charles DANTEN, dans Un vétérinaire en colère, VLB Éditeur 1999 en p 141. Les récentes statistiques semblent lui donner raison. 
Selon un sondage réalisé en 2008 par la firme Léger Marketing pour le compte de l’Académie de médecine vétérinaire du Québec en association avec CDMV et Hill’s Pet nutrition, 261 000/an sont donnés, vendus, euthanasiés ou perdus. Notons au passage que cs chiffres sont co-publiés par l’industrie de l’alimentation et qu’il se pourrait qu’ils soient de bien inférieurs à ceux que donnent les sociétés protectrices des animaux. Quelques que soit le motif – problèmes de santé, de vieillissement, de mauvais comportement, de contrainte règlementaire, d’allergie, de manque d’espace ou d’argent – 23% des chiens ne durent pas plus de 2 ans dans un foyer. Un grand nombre ne meurt donc pas de leur belle mort. Et l’humain prétend les aimer comme ses enfants….
Mais au fait, qui les euthanasie ?

Pour plus d’informations:
http://tva.canoe.ca/emissions/salutbonjour/veterinaire/20955.html

Témoignage de José, Ph.D en biologie, zoothérapeute, n.d.

22/02/2010 par Sandra

Il revient de l’Antarctique où il est resté un mois à donner des conférences sur les mammifères marins et sur la zoothérapie. Cette aventure incroyable est à l’image du parcours de José Sarica Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.d.
José, Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.dRencontre.

- Après une maîtrise et un doctorat en écotoxicologie en milieu aquatique tu te recycles dans des études de zoothérapie?

En fait, depuis l’âge de six ans, je voulais travailler avec les enfants souffrant et les dauphins. A cela on me répondait, qu’Il fallait avoir un doctorat. A 20 ans, je suis parti de mon pays, la France, faire ma maîtrise à l’Université Laval sur les bélugas du Saint-Laurent. Ensuite, je me suis questionné: si j’aimais autant ces animaux, qu’est-ce qui serait le mieux pour eux ? La qualitéLa delphinothérapie est une approche qui est de mieux en mieux documentée de l’eau m’a semblé être prépondérante. J’ai donc fait une 2e maîtrise en écotoxicologie aquatique ainsi qu’un doctorat. J’étais loin de mon rêve car je me retrouvais à préparer des cours, c’est à ce moment, en décembre 2008, que j’ai entendu parlé d’une formation en zoothérapie: je me suis inscrit et depuis juin 2009, je réalise mon rêve d’enfant (stage auprès de dauphins en Israël en juin 2009 et cet été à Key-Largo).

- Peux-tu rapidement expliquer à nos lecteurs-internautes tes études de zoothérapie?

J’ai suivi deux ans de formation, autant en psychologie humaine et sur les comportements des animaux (pour avoir un diplôme de zoothérapeute) avec lesquels nous travaillions: chien, chat, cheval, perroquet (et dans mon cas les dauphins) avec des patients, enfants comme adultes, qui aspiraient à gérer leur souffrance physique et/ou mentale. Une séance fonctionne au départ sur l’évaluation des besoins de la personne et la chimie qui se crée entre le patient et mon chien (bichon maltais toy de deux ans) puis avec moi. Le but est de créer un lien de confiance et d’amour car sans cela il n’y a aucune aide. Le patient parle à mon chien car celui-ci ne juge pas et ainsi, au fil des séances au cours desquelles je fais un rapport (code de déontologie), je planifie des stratégies d’intervention avec Chico pour atteindre l’objectif final que ce soi, augmenter l’estime de soi, rendre indépendant, les deuils,  les maladies chroniques, l’Alzheimer, dénouer ses propres noeuds en utilisant l’approche humaniste. Je respecte le rythme de mes patients et de mon chien.

- Tu pratiques à la Coopérative Espace-Temps comme zoothérapeute? Est-ce un titre pour toi?

Oui. Je suis membre producteur (nous sommes 4 au total dont deux zoothérapeutes) de cet organisme à but non lucratif, permettant de faire des projets financés par le gouvernement fédéral pour les familles qui ne peuvent pas se payer des séanceset qui me permet de recevoir des appels de clients. Je ne travaille pas directement à la Clinique mais sur l’île de Montréal pour rencontrer les gens chez eux (je me déplace) pour qu’ils aient à la fin des séances leur lieu d’ancrage.

- Comment çà marche la zoothérapie, qu’est-ce qui est soignant dans cette approche? Technique?

En fait, imagine un triangle où le patient est à la base gauche, mon chien à la base droite et moi en haut du triangle. On appelle celà la synergie triangulaire. Tu écoutes sensiblement la personne qui parle à ton chien et par les comportements du chien (qu’on appelle les signaux calmants) que tu perçois tu utilises les techniques d’intervention telles, la reformulation, la vérification, le partage du vécu le tout avec une grande empathie. Tu dois Avec mon chien, Chico, je suis devenu zoothérapeutetoujours planifier un plan A et un plan B avant la séance car il est possible que ta première technique ne fonctionne pas (chien non réceptif, personne non disponible). Il faut toujours terminer sur une note positive (ex; le client demande à mon chien de se coucher, il se couche, il lui donne une gâterie et la personne a toujours le sourire). ll n’y a pas d’aide efficace ni durable sans amour !

- Te sens-tu suffisamment armé pour ‘aborder’ la clientèle autiste?

Bien humblement, oui. L’autisme est un monde.  J’ai eu une formation intense sur l’autisme et j’ai travaillé avec plusieurs enfants autistes de 4 à 16 ans et le but de chaque  intervention est de les rammener dans l’ici et maintenant, apprendre à communiquer par des pictogrammes et établir un lien de confiance. Je t’avoue que je suis toujours ému quand je vois l’ouverture de l’enfant une fois qu’il a sympathisé avec Chico.

José, Ph.D en biologie, zoothérapeute, n.d. est le premier zoothérapeute à avoir été accepté comme membre de l’Académie des Naturopathes et Naturopathies du Québec (ANN) donc, il peut émettre des reçus d’assurance.

Merci José de participer à Sandraetlechien.com

 

Et l’unique proximité?

18/02/2010 par Sandra

En 1997, Dr David T. Allen, mettait en doute les bienfaits de la thérapie assistée par le chien (TAC) suite à son analyse d’études qui ont servi à populariser la TAC. Pour l’épidémiologiste américain il y a de sérieuses lacunes scientifiques dans les recherches réalisées :

Ayant passé en revue plus de 1000 études, je n’ai pas trouvé une seule étude [étude de type II] qui décrit les gains en comparaison des pertes sur l’état de santé général de la société, en relation avec l’interaction entre les humains et les animaux. En d’autres mots, je n’ai pas trouvé un seul article [étude de type II] qui compare la magnitude des effets des cas cités avec un groupe témoin ou avec le public en général. Sur l’échelle des critères de validité scientifique, ces études [étude de type I] sont à ranger sur l’échelon le plus bas. Les rapports qui vantent les mérites de la relation des êtres humains avec les animaux sont fondés sur des études descriptives et sur l’opinion des experts, et les études de ce genre [étude de type I] sont les moins valides de toutes. (Charles Danten)

Somme toute cela n’a pas d’importance, car on ne peut pas parler des animaux sans connaître la façon dont les gens vivent ensemble. Nonobstant les règles de la science qui sont sujettes à caution – vous savez avec leurs « bons objets indifférents répondant  ‘machinalement’ à des causes permettant d’établir des lois », p. 38, Vinciane Despret et Jocelyne PorcherÊtre bête, chez Actes Sud - l’important dans la TAC, ce n’est pas que ça marche c’est la diversité des contextes possibles, des manières dont les humains et les animaux se conduisent dans un environnement spécifique pour un moment donné. Aussi conclure que tous les animaux procurent tout le temps partout auprès de tout le monde des bienfaits c’est se leurrer et surtout ce n’est pas adapté aux canons de la science. C’est là que les fameuses anecdotes sont importantes, en fait un animal est différent selon les contextes, parce que les humains sont différents dans ces mêmes contextes.
Ce qui fait sens comme le disaient Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, ce qui compte ce sont « les petites différences locales, contextualisées, vivantes, articulées» (p.29), et surtout la compétence de tel animal à tel moment auprès de telle personne.
Vinciane Despret et Jocelyne Porcher- Être bêteLa personnalité c’est ce qui fait qu’un animal ne ressemble à aucun autre… « La personnalité n’existe que dans le champ des relations qui la favorisent tout autant qu’elle en ouvre les possibilités », p 32.

De l’anthropomorphisme

17/02/2010 par Sandra

Si les humains ont eu une vision anthropomorphique des animaux, c’est bien parce que ces deux espèces se ressemblent. Et les points qu’ils ont en commun sont évidents. Jusqu’à récemment, les humains voyaient l’univers avec leurs idées plutôt qu’avec leurs yeux. Aveuglés par leur hantise de n’être pas l’espèce la plus évoluée, avec tous les droits que cela leur conférait, ils ont, pendant des millénaires, effectué une coupure idéologique entre eux et les animaux.

Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, 2004 p. 139