Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Je deviens humain avec mon animal

13/05/2013 par Sandra
Je deviens humain avec mon animal
On peut et (doit- on?) combattre les puppy mills sans cesser d’être dans la joie. Car la joie appelle celle d’autrui. Il est possible de combattre sans cesser de dire oui. Je crois d’ailleurs que c’est la seule manière féconde de le faire. La compassion n’est pas sentimentalisme geignard, mesquin ou confortable, mais un amour vrai qui aide. Si l’on s’identifiait à une personne qui agit bien avec son animal, qui fait le bien pour la ‘cause animale’, on pourrait copier son comportement et le nombre de mise à mort diminuerait.
Aussi il ne sert à rien de montrer des images affreuses d’animaux massacrés. En effet, une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d’alerte. Bref publier ce genre d’images rajoute à la violence, ça ne la combat pas. Par contre, diffuser des images de sauvetages qui provoquent des émotions positives, d’actions citoyennes qui activent la joie ou l’enthousiasme, alors oui il pourrait y avoir changement.
Car ‘au point où nous en sommes, avec tout ce que nous avons inventé et tout ce que nous avons appris sur nous-mêmes, nous avons besoin de tous les chiens, de tous les oiseaux et de toutes les bestioles que nous pouvons trouver…. Les hommes ont besoin d’amitié’ Romain Gary, Les racines du ciel.
Et c’est là qu’on se rend compte que nous partageons avec les animaux un même espace, même s’ils empiètent sur notre territoire, on est unis dans un même destin. Aussi, l’homme ne pourra se sauver qu’en sauvant ses congénères : les autres animaux. On ne pourra devenir humain qu’en relation avec les animaux.
Dessin extrait de « 500 dessins » de Nicolas de Crécy, éd. Barbier et Mathon, 2011 (Nicolas de Crécy)On peut (doit- on?) combattre les puppy mills sans cesser d’être dans la joie. Car la joie appelle celle d’autrui. Il est possible de combattre sans cesser de dire oui. Je crois d’ailleurs que c’est la seule manière féconde de le faire. La compassion n’est pas sentimentalisme geignard, mesquin ou confortable, mais un amour vrai qui aide. Si l’on s’identifiait à une personne qui agit bien avec son animal, qui fait le bien pour la ‘cause animale’, on pourrait copier son comportement et le nombre de mise à mort diminuerait.
Aussi il ne sert à rien de montrer des images affreuses d’animaux massacrés. En effet, une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d’alerte. Bref publier ce genre d’images rajoute à la violence, ça ne la combat pas. Par contre, diffuser des images de sauvetages qui provoquent des émotions positives, d’actions citoyennes qui activent la joie ou l’enthousiasme, alors oui il pourrait y avoir changement.
Car ‘au point où nous en sommes, avec tout ce que nous avons inventé et tout ce que nous avons appris sur nous-mêmes, nous avons besoin de tous les chiens, de tous les oiseaux et de toutes les bestioles que nous pouvons trouver…. Les hommes ont besoin d’amitié’, Romain Gary, Les racines du ciel.
Et c’est là qu’on se rend compte que nous partageons avec les animaux un même espace, même s’ils empiètent sur notre territoire, on est unis dans un même destin. Aussi, l’homme ne pourra se sauver qu’en sauvant ses congénères : les autres animaux. On ne pourra devenir humain qu’en relation avec les animaux.

Cet étrange appel à la Nature

06/05/2013 par Sandra

Depuis la nuit des temps, on observe la nature et on tente de décrypter les animaux pour déterminer la meilleure manière de gouverner nos conduites. Comment se fait-il que nous nous tournions presque toujours vers la Nature et l’observation des animaux pour trancher des dilemmes moraux?
Souvent dans les médias, après une catastrophe on lit ‘la nature a pris sa revanche’ ou lorsque les animaux sont tués ‘ils se vengeront’. En fait, l’idée est qu’un contrat moral nous unissant à la Nature et aux animaux (loin, bien loin dans nos mémoires et constamment oublié) est violé, maltraité. Si non, à quoi bon ces phrases toutes faites et lourdes de sens?

Nous semblons convaincus que les équilibres sont fragiles, que la Nature subit le contre coup des activités humaines et qu’il nous faut imposer des règles du jeu légales. Reste que l’urbanisation accélérée des dernières décennies et la proximité physique bien réelle dans laquelle nous baignons semblent nous éloigner radicalement de la Nature. Et surtout nous rendent bien moins tolérants aux comportements normaux des animaux qui vivent désormais dans le giron humain.

Les trois petits chiens, nature morte Paul Gauguin Pouvons-nous réaliser tout ce que nous raterions si on devait continuer à négliger la nature et les animaux, du moins les animaux de compagnie et spécifiquement les chiens? Nous courons tous après des denrées rares : l’espace, le temps, le silence, la beauté, la pureté …. qui semblent difficiles à trouver dans la vie urbaine stressante et bruyante. Et pourtant! Point n’est besoin de se perdre dans le désert pour faire cette rencontre. Apprenons au quotidien à observer nos animaux. En ouvrant nos cœurs! Ils nous apprennent à respirer, à jouer, à renouer avec nos horloges biologiques, à toucher, à rire aussi. Ils nous apprennent à apprendre sans trêve.

D’une certaine manière, la relation que nous pouvons établir avec nos animaux de compagnie nous permet de renaître à soi. Si et seulement si elle est vécue sereinement sans domination et écrasement anthropomorphiques. C’est-à-dire quand on accepte d’être touché intérieurement par le comportement de son animal. Accepter le fait et décider de guérir. Vivre avec un animal permet de laisser remonter des choses refoulées. Le travail de guérison peut se faire. Et de Nature ici il est question de la nature intérieure.
Il est tout à fait possible de vivre la Nature en ville grâce à nos animaux. Nous ne sommes pas coupés de cette Nature mais grâce à eux nous la rejoignons tous les jours avec plus d’âpreté et de nécessité. Ainsi un arbre couvert d’oiseaux dans tel espace vert faisant le bonheur du chien! Mais reléguer les animaux dans les parcs ou des enclos, c’est encadrer nos zones émotives, programmer nos instincts authentiques.

Une continuité se noue entre soi et le monde et ça passe plus fort et plus vite aux côtés des animaux de compagnie. Vous voulez un monde durable : commençons par rendre durable la relation qu’on établit avec nos animaux!

Green Chimneys: espaces de vies, espaces de thérapies

27/04/2013 par Sandra
Espace de vie, espace de thérapies
Green Chimneys dans l’État de New-York c’est 180 acres sur lesquels sont disposés différents espaces de vies, d’apprentissages et de soins pour les humains et pour les animaux. Et c’est une école qui accueille plus de 200 étudiants chaque année donc autant de places de dortoirs. Quelques 500 travailleurs oeuvrent aux mieux-être des uns et des autres, secondés par deux fois plus de bénévoles.
Cet environnement magnifique, bordé d’arbres mâtures, très bien entretenu, c’est une vision devenue réalité, maintenue au fil des décennies par la force de conviction, la Foi d’un homme, Sam Ross. Les 250 animaux sont offerts petits (pour la plupart) et élevés sur place ou sont apportés suite à des accidents…. Autant d’espaces différentes pour autant d’enfants en ruptures sociales et scolaires souffrant de graves carences affectives, de problèmes cognitifs… Il y a l’espace jardin, là les enfants apprennent à y planter des graines, à cultiver, à récolter, à cuisiner le fruit de leur labeur. Il y a l’espace avec les lamas, là où le calme et les approches respectueuses sont de rigueur sans ça l’animal se sauvera. Il y a l’espace de réhabilitation des oiseaux de proie, imaginez le parallèle extrêmement fort entre l’oiseau blessé apporté par le voisinage, soigné, remis sur ailes/pattes et l’enfant…
Green Chimneys est pensé holistiquement : c’est un tout, un super organisme ouvert sur la communauté et dépendant des autres. Ca coûte beaucoup d’argent pour entretenir le tout. Bien sûr les dons compensent le manque financier.
Aussi tous les deux ans, Green Chimneys organise une conférence internationale. C’est l’occasion de se réunir et de partager les études, les recherches, les expériences et de faire le point. La thérapie assistée par l’animal aux USA cherche – comme au Québec – ses certification, protocoles, ‘évidences based medecine’, reconnaissance officielle, guides du bien-être animal en travail…. Il y a bien des professeurs d’université (Philip Tedeschi, Clinical Professor/Director, Institute for Human Animal Connection, à Denver  ou Aubrey Fine, California Sate Polytechnic University, School of Education) qui présentaient leurs recherches… Ou du moins les grands directions que devraient prendre les réflexions pour établir les recherches. La thérapie assistée par l’animal est à un tournant : professionnaliser les pratiques, démontrer scientifiquement les effets de l’approche (des approches), définir ce lien si particulier qui nous unit aux animaux dans le soin, ce ‘pooh corner’ comme l’a appelé A. Fine, ce qui pourrait être traduit par cet espace magique unique entre tous où l’humain et l’animal sont réunis pour avancer (ou jouer ou comprendre ou guérir ou solutionner ou…)
Les animaux nous aident à traverser notre vie!

AccueilGreen Chimneys dans l’État de New-York c’est 180 acres sur lesquels sont disposés différents espaces de vies, d’apprentissages et de soins pour les humains et pour les animaux. Et c’est une école qui accueille plus de 200 étudiants chaque année donc autant de places de dortoirs. Quelques 500 travailleurs oeuvrent au mieux-être des uns et des autres, secondés par deux fois plus de bénévoles.

Apprendre le temps avec le chameau, green chimneys, chameau, enfant, thérapie assistée par l'animalCet environnement magnifique, bordé d’arbres mâtures, très bien entretenu, c’est une vision devenue réalité, maintenue au fil des décennies par la force de conviction, la Foi d’un homme, Sam Ross. Les 250 animaux sont offerts petits (pour la plupart) et élevés sur place ou sont apportés suite à des accidents…. Autant d’espaces différentes pour autant d’enfants en ruptures sociales et scolaires souffrant de graves carences affectives, de problèmes cognitifs…

De la terre à l'assiette, Apprendre le temps avec le chameau, green chimneys, chameau, enfant, thérapie assistée par l'animal, jardinIl y a l’espace jardin, là les enfants apprennent à y planter des graines, à cultiver, à récolter, à cuisiner le fruit de leur labeur. Il y a l’espace avec les lamas, là où le calme et les approches respectueuses sont de rigueur sans ça l’animal se sauvera. Il y a l’espace de réhabilitation des oiseaux de proie, imaginez le parallèle extrêmement fort entre l’oiseau blessé apporté par le voisinage, soigné, remis sur ailes/pattes et l’enfant…Il y a tant d’espaces adaptés…

Green Chimneys est pensé holistiquement : c’est un tout, un super organisme ouvert sur la communauté et dépendant des autres. Ca coûte beaucoup d’argent pour entretenir le tout. Bien sûr les dons compensent le manque financier.

Une école avant tout! Apprendre le temps avec le chameau, green chimneys, chameau, enfant, thérapie assistée par l'animal, jardin, conférenceAussi tous les deux ans, Green Chimneys organise une conférence internationale. C’est l’occasion de se réunir et de partager les études, les recherches, les expériences et de faire le point. La thérapie assistée par l’animal aux USA cherche – comme au Québec – ses certification, protocoles, ‘évidences based medecine’, reconnaissance officielle, guides du bien-être animal en travail…. Il y a bien des professeurs d’université (Philip Tedeschi, Clinical Professor/Director, Institute for Human Animal Connection, à Denver  ou Aubrey Fine, California Sate Polytechnic University, School of Education) qui présentaient leurs recherches… Ou du moins les grands directions que devraient prendre les réflexions pour établir les recherches.

La thérapie assistée par l’animal aux USA semble être à un tournant : professionnaliser les pratiques, démontrer scientifiquement les effets de l’approche (des approches), définir ce lien si particulier qui nous unit aux animaux dans le soin, ce ‘pooh corner’ comme l’a appelé Dr. A. Fine, ce qui pourrait être traduit par cet espace magique unique entre tous où l’humain et l’animal sont réunis pour avancer (ou jouer ou comprendre ou guérir ou solutionner ou…)

Des chiens sont dans certains dortoirs, ce qui aide les enfants

Les animaux nous aident à traverser nos vies!

En direct de Green Chimneys, ferme thérapeutique

22/04/2013 par Sandra

À sa création, en 1947, il s’agissait d’intégrer au sein de programmes éducatifs, un contact entre des jeunes souffrant de graves troubles émotionnels et des animaux. Quand la première « ferme thérapeutique » au monde fut créée, elle comptait environ 150 animaux de différentes espèces dont la vocation était de permettre la réinsertion d’enfants socialement inadaptés. Depuis, l’expérience développée à Green Chimneys par le Dr Samuel B. Ross, aux Etats-Unis, est devenue une référence internationale.

Afin d’échanger des idées avec les experts et les pairs et partager les meilleures pratiques en thérapies assistées par l’animal et la nature, Green Chimneys tient sa conférence cette semaine sur le thème : People, Animals and Nature: Modeling a New Paradigm

CaptureSandraetlechien.com y sera et vous tiendra informés des discussions, des idées, des visions partagées et tentera de célébrer, avec vous, les échanges auxquels nous aurons assistés.

Deux jours d’apprentissages uniques pour vous faire vivre ce grand moment!

Rencontrons l’Otherness

08/04/2013 par Sandra

Je vous en prie, posez-vous cette question: l’homme doit-il toujours être lié au passé? Si c’est le cas, jamais il ne pourra être libre, il sera toujours conditionné. Il peut projeter une idée de la liberté, du paradis, s’évader du fait réel, du problème posé par le temps, il peut projeter une croyance, un concept, s’évader d’une illusion – mais cela reste une illusion, p410, Krishnamurti, ‘L’éveil de l’intelligence’
Je ne peux m’empêche de faire un parallèle avec la situation des animaux de compagnie au Québec. Que la société québécoise ait développé un habitus par rapport aux animaux qui entrent dans son foyer, cela va de soi. La société est ainsi conditionnée à ne pas voir l’apport de la relation avec cet autre étranger comme constituante de valeur. L’habitus n’est-il pas une matrice de perception, de représentation et d’action, reproductrices de structures conformes et constituée dans la méconnaissance même de ses conditions d’inculcation?
Bref en gros ce morceau de texte me dit: offrons-nous une révolte, la révolte d’une société soumise aux figures  draconiennes d’autorités multiples qui ont inculqué – avec notre accord muet – nos comportements sanguinaires vis-à-vis des animaux. Devenons créateurs de nous-mêmes!
Faisons table rase du passé. Peut-on s’offrir cette révolution tranquille de se retirer de ce jeu truqué  sans aucune acrimonie ? Tuer son animal c’est répondre avec conditionnement aux exigences de la société, c’est être bêtement et platement conformes. Dépassons ce ‘déjà-connu’ pour inventer une nouvelle relation aux animaux de compagnie: c’est au cas par cas que cela est possible. Juste avant de prendre la décision de jeter un chien devenu encombrant, peut-on simplement être là, avec passion, dans un état de présence attentionnée et instantanée au monde environnant et à soi-même? Il est for probable, alors, que ce chien reste dans son foyer…
Krishnamurti nomme cette bénédiction l’ »Otherness », l’Autreté

Livre le plus significatif de Krishnamurti à ce jourJe vous en prie, posez-vous cette question: l’homme doit-il toujours être lié au passé? Si c’est le cas, jamais il ne pourra être libre, il sera toujours conditionné. Il peut projeter une idée de la liberté, du paradis, s’évader du fait réel, du problème posé par le temps, il peut projeter une croyance, un concept, s’évader d’une illusion – mais cela reste une illusion
p 410, Krishnamurti, ‘L’éveil de l’intelligence’

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la situation des animaux de compagnie au Québec. Que la société québécoise ait développé un habitus par rapport aux animaux qui entrent dans son foyer, cela va de soi. La société est ainsi conditionnée à ne pas voir l’apport dans la relation avec cet autre étranger comme constituant de valeur. L’habitus c’est fonctionner dans le champ du connu, selon des perceptions, représentations et actions reproductibles (on fait tous – ou presque – de même). C’est donc être prisonnier de structures conformes et constituées dans la méconnaissance même des conditions d’inculcation.

Nous sommes le résultat de la culture dans laquelle nous vivons.  En gros ce morceau de texte me dit: offrons-nous une révolte, la révolte d’une société soumise aux figures  draconiennes d’autorités multiples qui ont inculqué – avec notre accord muet – nos comportements sanguinaires vis-à-vis des animaux. Devenons créateurs de nous-mêmes!

Faisons table rase du passé. Peut-on s’offrir cette révolution tranquille de se retirer de ce jeu truqué  sans aucune acrimonie ? Tuer son animal c’est répondre avec conditionnement aux exigences de la société, c’est être bêtement et platement conforme. Dépassons ce ‘déjà-connu’ pour inventer une nouvelle relation aux animaux de compagnie: c’est au cas par cas que cela est possible. Juste avant de prendre la décision de jeter un chien devenu encombrant, peut-on simplement être là, avec passion, dans un état de présence attentionnée et instantanée au monde environnant et à soi-même? Il est for probable, alors, que ce chien reste dans son foyer…

Krishnamurti nomme cette bénédiction l’ »Otherness », l’Autreté….

Être et courir

02/04/2013 par Sandra

Courir avec son chien: un tandem insolite, canicross, corps, inconscient, Lacan, Dolto, mouvementCourons, mon ami et ressentons un peu. Non pas des émotions triviales, non pas l’essence cachée de nos vies, mais ce que tu allais faire quand je t’ai rencontré. Ensuite, alors, prenons le temps de parler.
Et de regarder.
Vraiment en s’affranchissant du connu.
Avec attention.

L’inconscient c’est le corps, disait Lacan.
Dolto parlait du ’mystère du corps parlant’. Comment mettre le corps en harmonie avec la pensée? Dans le mouvement. Être avec son corps dans un mouvement de vie. La vie est mouvement. Toucher son chien est un guide qui éveille. Ça éveille des images, des réflexions, des émotions, des peurs, des douleurs aussi. En débloquant le corps, on remet la pensée en branle…

Bouger avec son chien, c’est agir dans le même mouvement. Rudolf Steiner avait coutume de dire: « La nature fait de moi un être naturel, la société fait de moi un être social, et il n’y a que ma propre activité qui peut faire de moi un homme. »

En respectant mon corps, je me respecte en tant qu’être. En courant avec mon chien, je rajoute cette joie d’être unie. Ça ne peut se construire durablement et profondément sans la joie d’être incarnée, sans l’acceptation de mon propre corps, de ce qu’il perçoit, ressent, exprime. Qu’apporte de plus le canidé? Son mouvement est un surgissement : une surprise, une découverte. Il est aisé pour lui de se mouvoir. Cela me renvoie en miroir cette nécessité de surmonter mes limitations habituelles dans le mouvement.

Le respect du corps est la source du respect de l’être. Habiter son corps avec humanité c’est apprivoiser sa part d’ombre, accepter que l’âme, la sensibilité, s’y épanouisse, accueillir sa vulnérabilité comme le signe même de la conscience et de la confiance à venir (Saverio Tomasella, ‘Oser s’aimer’, p 103).

Et la canicross sert cette activité.

La zoothérapie c’est un processus naturel

25/03/2013 par Sandra
Processus  naturel
Dans un processus de soin, l’animal n’est pas un thérapeute, encore moins un médicament ou un outil, il a un rôle d’intermédiaire. Il contribue au mieux-être des patients et vient en soutien d’une autre thérapie.
Les études démontrent qu’il est une aide thérapeutique précieuse en produisant des réactions psycho-affectives positives. Il procure estime de soi en comblant une part de nos besoins psychologiques et émotionnels. En agissant sur le stress et en calmant l’anxiété, l’animal favorise la circulation de l’affection et libère la communication. Mais attention, communiquer ne veut pas dire s’enfermer dans des abstractions, des conceptualtisations….
L’intellectualisation se rencontre très souvent en parallèle d’un sentiment de culpabilité. Elle consiste à chercher des explications rationnelles et des justifications abstraites aux conflits, intérieurs ou mis en actes dans la vie. Ce recours à la mentalisation détruit le contact avec la réalité. L’intellectualisation empêche l’émergence des sensations, la reconnaissance des émotions et l’expression des sentiments personnels. Elle coupe du socle sur lequel se fonde l’estime de soi. Saverio Tomasella ‘Oser s’aimer’ p.66
La vitalité est corporelle. Et grâce à l’animal, nous nous autorisons à ressentir ces ressources, celles qui favorisent le surgissement des forces de guérison.

Dans un processus de soin, l’animal n’est pas un thérapeute, encore moins un médicament ou un outil, il a un rôle d’intermédiaire. Il contribue au mieux-être des patients et vient en soutien d’une autre thérapie.

Photo tirée de la société de zoothérapie de Drummondville, animal, sensations corporelles, savario tomasella, oser s'aimer, intellectualisation,Les études démontrent qu’il est une aide thérapeutique précieuse en produisant des réactions psycho-affectives positives. Il procure estime de soi en comblant une part de nos besoins psychologiques et émotionnels. En agissant sur le stress et en calmant l’anxiété, l’animal favorise la circulation de l’affection et libère la communication. Mais attention, communiquer ne veut pas dire s’enfermer dans des abstractions, des conceptualtisations….

L’intellectualisation se rencontre très souvent en parallèle d’un sentiment de culpabilité. Elle consiste à chercher des explications rationnelles et des justifications abstraites aux conflits, intérieurs ou mis en actes dans la vie. Ce recours à la mentalisation détruit le contact avec la réalité. L’intellectualisation empêche l’émergence des sensations, la reconnaissance des émotions et l’expression des sentiments personnels. Elle coupe du socle sur lequel se fonde l’estime de soi, dit Saverio Tomasella ‘Oser s’aimer’ p.66

La vitalité est corporelle. Et grâce à l’animal, nous nous autorisons à ressentir ces ressources, celles qui favorisent le surgissement des forces de guérison….

Le mouvement guérit

18/03/2013 par Sandra
Le mouvement guérit. Le mouvement guérit la tête, le corps. Le mouvement attelé à un autre être nous plonge dans la découverte de notre corps. Et plus on maitrise son corps physique, plus on est en contact avec le tout-autre. Mais plus on saisit qu’une vie entière ne suffit pas à explorer totalement un seul de nos gestes, un seul de nos mouvements, plus ça permet de nous détacher intérieurement du monde, de son spectacle, de l’extériorisation des énergies pour en faire le début d’une sagesse intérieure.
Pratiquer un sport et pratiquer un sport avec son chien, c’est ouvrir la mémoire. Car nos mémoires sont inscrites autant dans nos extrémités que dans nos muscles. La musculation profonde est celle qui tient notre squelette réuni, celle qui enregistre toutes nos émotions. Notre musculature enregistre notre histoire. Courir avec un chien agit sur notre squelette, nos muscles, le corps en est marqué.
Cette vie canisportive sculpte notre corps. Cette vie sportive attelée nourrit notre corps. Le pourrait-elle seule? Sûrement mais il manquerait un ingrédient essentiel : accepter qu’autrui – canin – nous nourrisse, accepter nous enrichir mutuellement.
Devenir humain consiste à se sentir autre, par un mouvement, par une respiration.
‘La verticalité est de l’ordre de la liberté intérieure. Ce n’est pas forcément votre posture corporelle qui compte car celle-ci est fonction de toute votre histoire, que vous ne pouvez pas changer. Chaque émotion, chaque parole, chaque pensée induit un mouvement qui s’inscrit en nous, depuis la naissance et même avant. On parle beaucoup de l’approche psychosomatique, mais l’inverse existe : l’approche somatopsychique : le mouvement qui guérit la tête’ Patrice Van Eersel, Du pithécanthrope au Karatéra, p.258
Il existe désormais l’approche canipsychique.
Le respect du corps est la source vive du respect de l’être.
Le mouvement guérit. Le mouvement guérit la tête, le corps. Le mouvement attelé à un autre être nous plonge dans la découverte de notre corps. Et plus on maîtrise son corps physique, plus on est en contact avec le tout-autre.
Canicross ou courir attelé à son chienMais plus on saisit qu’une vie entière ne suffit pas à explorer totalement un seul de nos gestes, un seul de nos mouvements, plus ça permet de nous détacher intérieurement du monde, de son spectacle, de l’extériorisation des énergies pour en faire le début d’une sagesse intérieure.
Pratiquer un sport et pratiquer un sport avec son chien, c’est ouvrir la mémoire. Car nos mémoires sont inscrites autant dans nos extrémités que dans nos muscles. La musculation profonde est celle qui tient notre squelette réuni, celle qui enregistre toutes nos émotions. Notre musculature enregistre notre histoire. Courir avec un chien agit sur notre squelette, nos muscles, le corps en est marqué.
Cette vie canisportive sculpte notre corps. Cette vie sportive attelée nourrit notre corps. Le pourrait-elle seule? Sûrement mais il manquerait un ingrédient essentiel : accepter qu’autrui – canin – nous nourrisse, accepter nous enrichir mutuellement.
Devenir humain consiste à se sentir autre, par un mouvement, par une respiration.
‘La verticalité est de l’ordre de la liberté intérieure. Ce n’est pas forcément votre posture corporelle qui compte car celle-ci est fonction de toute votre histoire, que vous ne pouvez pas changer. Chaque émotion, chaque parole, chaque pensée induit un mouvement qui s’inscrit en nous, depuis la naissance et même avant. On parle beaucoup de l’approche psychosomatique, mais l’inverse existe : l’approche somatopsychique : le mouvement qui guérit la tête’, dit Catherine Gaillet à Patrice Van Eersel.
Il existe désormais l’approche canipsychique.

Trouver les dispositifs pour entendre les réponses

11/03/2013 par Sandra

Vinciane Despret et Jocelyne Porcher- Être bête

Nous avons demandé aux gens de penser avec nous. Nous leur avons demandé de nous aider à construire un problème et non pas de révéler des situations ou de donner des informations
p. 89 Despret, Vinciane et Jocelyne Porcher

Ce qui nuit aux recherches en thérapie assistée par l’animal, c’est que, à quelques rares exceptions près, les études en question sont majoritairement des études de cas. Or, bien que ce type d’études soit important pour ouvrir des voies de recherches et identifier des phénomènes nouveaux, elles sont, sur l’échelle des critères de validité scientifique, à ranger sur l’échelon le plus bas. En d’autres termes, ce type d’étude ne démontre absolument rien (ref)Evidence Based Practice
Ainsi, on a recours aux animaux dans les espaces de santé, mais « When positive effects are reported, weaknesses in the methodologies used to obtain them raise doubts concerning their validity. Additionally, some of the more promising clinical observations that recur consistently throughout the AAI literature— e.g., the ability of animals to expedite the rapport-building process, enhance engagement, and facilitate retention in treatment—have not been investigated empirically » .  Kruger. K, Trachtenberg. S et Serpell. J. Can animal help human heal ?

Pourquoi la science devrait-elle être une machine à reproduire des lois générales? ‘Ce serait plutôt le propre de certaines sciences, les sciences du non-vivant. Dès qu’on étudie des êtres, on est confronté à leurs particularités…. ’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’. Cette particularité qui fait que « L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et qui m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais : c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé, ce qui mérite ce nom de profondeur qui veut dire avec précision ce qui m’échappe (…) », Georges Bataille, dans Théorie de la religion. Avec un animal particulier, unique, le recours à des recherches quantitatives, le recours aux statistiques, aux études épidémiologiques de grande envergure, aux essais cliniques avec répartition aléatoire ne tient pas. L’unicité de tel animal dans telle relation ne peut convenir aux canons des ‘evidence based medecine’, car la société anthropocanine est rejetée stricto sensu.

69769837Fondamentalement le lien immémorial avec l’animal – le chien en l’occurrence – n’est pas considéré comme thérapeutique par le corps médical, car « la condition de l’existence d’un lien social n’est pas l’identité des acteurs, mais l’ajustement mutuel de leurs conduites et de leurs attentes», dixit Dominique Guillo. Or, si on s’adressait aux principaux intéressés en leur soumettant des questions là où ils sont experts compétents (le patient, le médecin, l’équipe soignante, l’éthologue, le chien), en leur demandant à la fois de juger de la pertinence des recherches et d’aider à en trouver les accès les plus praticables (voir Vinciane Despret et Jocelyne Porcher) peut-être alors que l’hypothèse (la TAA a un effet sur le patient) pourra être ou non vérifiée. ‘ Ce qui est intéressant dans les expériences en éthologie, ce ne sont pas les généralisations sur les objets mais les généralisations sur les dispositifs’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’.

Les questions méthodologiques prendraient un autre sens. À nous par conséquent de trouver les dispositifs qui permettent d’entendre les réponses.

Nous partageons avec eux le même cerveau émotionnel qui nous donne la colère, la peur, l’étonnement et la tendresse

08/03/2013 par Sandra

nature, animal,biodiversité, vie, protection, émotions, sentiment moral


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